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QDM : La médecine intensive meilleure que l'anesthésie-réa pour sauver les patients Covid ? Vive polémique après les propos du Pr Maury au Sénat  Abonné

publié le 26-10-2020

La controverse enfle depuis quelques jours entre les médecins anesthésistes-réanimateurs (MAR) et les praticiens de médecine intensive et réanimation (MIR). En cause : des données présentées par le Pr Éric Maury, président de la Société de réanimation de langue française (SRLF), lors de sa récente audition devant la commission d'enquête du Sénat sur l'épidémie, qui suggèrent une mortalité supérieure de patients Covid dans une unité gérée par des anesthésistes-réanimateurs.

Rappelant la distinction entre les deux disciplines – la MIR faisant l'objet d'un diplôme d'études spécialisées (DES) depuis 2017 – le Pr Maury, réanimateur à l'hôpital Saint-Antoine (AP-HP), a projeté devant les sénateurs « sans vouloir polémiquer » des statistiques issues d'une expérience comparative menée en avril à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil.

L'écran projeté montre un tableau concluant qu'il y a eu 17 % de décès dans le secteur de médecine intensive et réanimation (MIR) contre 32 % dans la section d'anesthésie-réanimation (MAR). « À patients comparables, on a plus de mortalité dans le service où le métier initial des gens n'est pas de faire de la réanimation », synthétise le Pr Maury. Avant de souligner qu'on « ne fait correctement que ce que l'on fait régulièrement »« Les MAR ont été mis en difficulté », ajoute-t-il tout en remerciant les renforts des anesthésistes-réanimateurs. Une étrange façon de plaider, à l'heure de la filiarisation, pour sa spécialité au sein de laquelle il réclame davantage d'internes formés (60 en 2020).

Saisine de l'Ordre

Cette sortie a eu lieu sous le regard étonné de deux confrères anesthésistes, également présents, qui se sont gardés d'entrer dans la polémique, sans cacher toutefois leur agacement. « Je ne vais pas vous dire que les anesthésistes-réanimateurs sont meilleurs ou moins bons que les MIR, je n'oserai pas et je trouve cela assez surprenant [de le faire] », a répliqué le Pr Marc Leone, chef du service d'anesthésie-réanimation à l'hôpital Nord de Marseille. Le Pr Hervé Bouaziz, à la tête de la Société française d'anesthésie réanimation (SFAR), a estimé que ce débat n'avait « pas d'intérêt »« Ce n'est pas ce que les sénateurs et la population française attendent de cette audition », a-t-il recadré.

Il n'empêche. Quelques jours plus tard, l'ensemble des instances* de la spécialité d'anesthésie-réanimation et de médecine péri-opératoire (dont la SFAR) ont « fermement condamné » les déclarations du Pr Éric Maury. « Au-delà d’être mensongers, peu déontologiques et encore moins confraternels, ils portent une vision politique altérée et clivante en cette période tendue, jugent-elles. L’heure n’est pas à la division entre anesthésistes-réanimateurs et intensivistes, qui pourrait remettre en cause l’ensemble du travail effectué face à la plus grande crise sanitaire du XXIe siècle. »

Estimant que les propos du président de la SRLF ont, à plusieurs reprises ces derniers mois, « porté atteinte à la dignité des anesthésistes-réanimateurs en mettant en doute la qualité de leur pratique et de leur formation », les représentants de la spécialité ont décidé de saisir l’Ordre des médecins.

* CNP d’anesthésie-réanimation médecine péri opératoire, Collège national des anesthésistes-réanimateurs, SFAR, Syndicat national des anesthésistes-réanimateurs de France (SNARF), Syndicat national des jeunes anesthésistes-réanimateurs (SNJAR), Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHAR-e), Syndicat des médecins anesthésistes-réanimateurs non universitaires (SMARNU).

PAR 

MARIE FOULT - 

   

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