Le SNARF, le syndicat qui vous informe...

Le SNARF, le syndicat qui vous conseille...

Le SNARF, le syndicat qui vous défend...

Venez rejoindre LE syndicat des anesthésistes
et réanimateurs de France.

Allocution du Président 2017

publié le 03-08-2017

Lire ici

Chère Consœur, cher confrère,
Je ne ferais pas un retour sur tous les évènements qui ont marqué cette année car Pierre LANOT, notre Secrétaire général, le fera avec talent et exhaustivité.
Une page se tourne et les cinq ans pendant lesquels la médecine libérale a souffert des avanies de Madame Touraine paraissent se terminer. 
Nous ne connaissons pas encore très précisément le programme de notre nouveau Président, mais nous pouvons espérer qu’au moins au niveau des intentions, il ne sera pas aussi néfaste à la médecine libérale que le fut celui de son prédécesseur.
Nous rappellerons le programme initial de François Hollande qui, sous le prétexte démagogique d’améliorer un prétendu mauvais accès aux soins, pourtant remarqué quelques années auparavant par l’OMS comme un des points positifs de notre système de santé, se résumait en deux points essentiels : la suppression de la liberté d’honoraires et du secteur 2, et le contrôle, voire même la suppression de la liberté d’installation.
Ces cinq années furent un combat permanent de sauvegarde de la médecine libérale, plus particulièrement de la médecine libérale spécialisée visée en permanence par Madame Touraine.
Le premier assaut contre le secteur 2 était porté dès le début du quinquennat. Seul un combat très dur et des négociations très difficiles et très tendues permettaient d’éviter la fin de la liberté d’honoraires sauvée par l’avenant 8 et la création du CAS. Cet avenant bien qu’imparfait, pouvait être considéré comme un traitement palliatif du cancer idéologique qui nous menaçait. Le secteur 2 était sauvé, et la liberté d’honoraires un peu élargie à certains médecins en secteur 1.
Le second combat porta ensuite sur la volonté de la Ministre de la Santé de laisser à la postérité une loi portant son nom. Cette loi soviétiforme avait pour but de réorganiser le système de santé français en étatisant sa gouvernance, abandonnant le principe de négociation conventionnelle paritaire, laissant seulement à la convention la mise en forme des objectifs fixés par le gouvernement. Elle s’appuyait presque exclusivement sur l’hôpital public auquel elle donnait le contrôle des Groupements hospitaliers de territoire.
Malgré une lutte acharnée de l’ensemble des syndicats médicaux, des mouvements de grève dure, une manifestation mémorable de l’ensemble des médecins, étudiants, jeunes et installés, la Ministre réussissait avec obstination et dogmatisme à faire passer sa loi dite de “modernisation du système de santé”. Elle réussissait ainsi à détruire un système de santé auquel la population était attachée, avec accès direct au médecin généraliste et spécialiste.
Les sévices contre notre système de santé se poursuivirent avec la négociation conventionnelle. Cette négociation entre les deux partenaires Caisse et médecins se passait selon les termes de la loi Santé qui lui imposait d’aboutir aux objectifs fixés par le gouvernement. Les modalités de la discussion étaient simples : on discute des modalités d’application des propositions gouvernementales relayées par la CNAMTS, et on refuse d’aborder les propositions des syndicats médicaux. 
Si l’ensemble des syndicats paraissaient unis durant les négociations, on voyait avec surprise des syndicats médicaux trahir leur mandants en signant une convention pérennisant un mépris de l’expertise de la médecine spécialisée, validant un blocage des honoraires médicaux, validant le tiers payant généralisé,  dévoyant la CCAM en bloquant sa réévaluation et en donnant des majorations ciblées sous forme de modificateurs attribués non pas en fonction de la valeur réelle des actes mais des récompenses aux syndicats signataires, faisant même une honteuse différence entre les futures mamans selon qu’elles exercent en secteur 1 ou en secteur 2.
Inutile de préciser qu’en ce qui concerne notre spécialité, rien de ce qui était demandé n’était obtenu, ni revalorisation de la CCAM, ni prise en compte du coût de la pratique, ni ouverture d’un espace de liberté tarifaire. Seules nous restaient quelques miettes abusivement chiffrées, dont l’application reste encore soumise à l’autorisation d’un Comité d’alerte qui peut en retarder l’effet en raison d’un dépassement de l’ONDAM.
Après la médecine libérale, la Ministre s’attaquait aux jeunes. Parmi les mesures permettant de réunir les médecins, hospitaliers, libéraux, étudiants, jeunes et installés, la réforme du 3ème cycle des études médicales fut sa dernière performance. Tous étaient opposés à cette réforme, mauvaise maquette pour certaines spécialités, mauvaise répartition des postes d’internes pour d’autres, risques sur la formation des médecins, fragmentation de la médecine par la création en force de nouvelles spécialités. Malgré une opposition quasi générale cette réforme nous était imposée dans les derniers jours de quinquennat.
Cinq ans de dogmatisme, d’idéologie rétrograde, cinq ans difficiles pour les médecins mais aussi pour notre système de santé et pour la population. Rappelons qu’une mauvaise gestion de la canicule ou de la grippe avait valu le bannissement d’autres ministres de la Santé. Pour Madame Touraine, pas de problème, il suffisait d’attribuer ses incompétences aux médecins, surtout s’ils étaient libéraux, et encore plus médecins spécialistes libéraux. De manière anecdotique on peut noter que l’année 2015 fut la seule année depuis la dernière guerre de diminution de l’espérance de vie des Français. : hasard ou gestion calamiteuse d’un système qui fonctionnait bien avant elle ?
Comme je le disais en préambule, une page se tourne. Un nouveau Président de la République, une nouvelle Ministre et j’espère de nouvelles intentions. On ne peut accorder à la nouvelle équipe que le bénéfice du doute. Même si certains ont collaboré, ou peut-être exécuté les mesures autoritaires de Madame Touraine, les intentions affichées paraissent plus respectueuses de la médecine que ne l’était le programme de Monsieur Hollande. 
Notre nouvelle Ministre est médecin. Nous aurons enfin un interlocuteur qui connait son sujet. Elle a dirigé l’HAS, elle connaît aussi parfaitement l’accréditation, dans laquelle les médecins libéraux et en particulier les anesthésistes sont extrêmement impliqués. Elle connaît aussi la gestion du risque, la qualité, la performance, la productivité, tous les domaines dans lesquels la médecine libérale demande une vraie comparaison avec le secteur public, toujours cité en exemple par nos tutelles.
Le pragmatisme paraît le maître mot de la nouvelle politique. Tenons le pari, demandons une égalité de traitement entre le secteur public et le secteur privé. Demandons une comparaison réelle des coûts et des services. Comparons, comparons la productivité, l’efficacité, la qualité. Pour notre spécialité, le secteur libéral, avec moins du tiers des anesthésistes-réanimateurs de France assure près de 60% de l’activité. Montrons qu’une mise en place de la convergence tarifaire, même patient, même pathologie, même tarif, serait un moyen de réduire d’une manière drastique les dépenses de santé en récompensant ceux qui assurent leur devoir citoyen de prise en charge de la santé de la population sans compter ni temps, ni horaires, ni RTT.
On retrouve le privé dans toutes les branches de la spécialité, les seules activités que nous n’assurons pas sont celles dont nous sommes exclus par le jeu des autorisations. L’activité libérale est assurée par des médecins seniors. Pas de calculs de RTT, pas de refus de l’augmentation continuelle de l’activité, personne ne renâcle devant ce devoir citoyen qu’est la prise en charge en anesthésie et en réanimation de tous les patients qui en ont besoin. 
Une idée pragmatique serait alors pour le nouveau gouvernement de prendre en compte cette efficacité du système libéral et, au lieu de la mettre sous le contrôle de l’hôpital public, de la donner en exemple d’efficience.
Donnons quelques idées à notre nouvelle ministre, aidons-la à combler le déficit de l’assurance maladie. Au lieu de détruire, adaptons et améliorons. Faisons du « benchmarking », excusez l’anglicisme, comparons, coût, performance, qualité, durée d’hospitalisation, taux d’ambulatoire et de RRAC (réhabilitation rapide après chirurgie), mise en place de nouvelles techniques.
Permettons au secteur libéral, en le mettant à égalité, un accès identique aux nouvelles technologies. Le génie libéral saura les adapter et les faire évoluer de la manière la plus efficiente au profit de la population.
Le SNARF a dû pendant les cinq années de Madame Touraine s’opposer en permanence à des mesures délétères pour notre système de santé dictées par un dogmatisme totalitaire. Notre attitude n’a jamais été une volonté politique d’opposition, mais un refus de participer à la fin du système libéral auquel, nous, mais aussi les français, sommes très attachés.
Nous sommes prêts à travailler sur de nouvelles bases à toute amélioration, adaptation, recherche de qualité et d’efficacité dans l’intérêt de nos patients avec la nouvelle équipe ministérielle que nous pensons ouverte à des évolutions nécessaires. Appuyons-nous sur les compétences de chacun et sur l’efficacité d’un système plus ouvert.
Après avoir été malmenés pendant 5 années de guerre idéologique, nous attendons aussi des gestes d’apaisement. Notre travail, sa qualité, notre disponibilité doivent être reconnus par une remise à niveau de la CCAM.
N’oublions pas que certaines cotations, largement utilisées comme le ZZLP025 datent de 1994 (48 € pour une visite pré-anesthésique, une anesthésie, une surveillance en salle de réveil et en hospitalisation, un suivi médical pendant 15 jours et une responsabilité pendant 10 ans). 
De même, une réévaluation du coût de la pratique est indispensable. Elle était prévue régulièrement mais jamais réalisée et nous avons ainsi un coût de la pratique pour l’anesthésie valorisé sur des tarifs du début du millénaire qui ne couvre même plus nos charges sociales. 
Une ouverture de la liberté d’honoraires, dans le cadre d’un élargissement d’un OPTAM ouvert à tous, doit permettre à tous les médecins une valorisation normale des actes actuellement déconnectés de leur valeur réelle. 
Un respect des médecins conventionnés, quel que soit leur secteur d’activité doit aussi passer par l’arrêt l’ostracisme dont sont victimes les médecins secteurs 2, montrés du doigt en permanence et placés sous des règlements de plus en plus contraignants dans le seul but de les éliminer. 
Le retrait du tiers payant généralisé de la loi Santé doit supprimer cette épée de Damocles qui met les médecins à la merci de la caisse d’assurance maladie. 
La suppression du scandaleux article n°99 du PLFSS doit enlever à la Caisse ce pouvoir arbitraire et anormal de moduler a posteriori à sa guise des tarifs négociés et signés dans la convention.
Enfin un dernier geste significatif pour les jeunes médecins spécialistes serait de revoir la réforme du 3ème cycle  avec une vraie concertation avec les syndicats de jeunes, les syndicats de spécialités et  les sociétés savantes.
Ce sont ces gestes que nous attendons de notre nouvelle ministre qui, seuls, peuvent restaurer une confiance perdue et nous permettront de rétablir des relations constructives pour établir un vrai partenariat afin d’améliorer notre système de soin.
Le SNARF souhaite reprendre sa démarche constructive, appuyant ses demandes de revalorisations de la spécialité sur une recherche continue de la performance, de la qualité, de la sécurité et de l’efficience du service rendu au patient et à la collectivité.
C’est par le soutien de l’ensemble des anesthésistes-réanimateurs que le SNARF pourra continuer à défendre les intérêts de la spécialité. L’engagement de tous à nos côtés nous permettra d’obtenir le respect de nos exigences. 
Je tiens à remercier l’ensemble de nos adhérents pour lesquels nous nous battons et dont l’engagement nous est indispensable, les membres du Conseil d’administration, toujours dévoués, dont le travail permanent assure l’efficacité de notre syndicat.
Le SNARF a pu, cette année encore, profiter du dynamisme de notre bureau, je citerais en particulier Pierre LANOT, notre Secrétaire Général, toujours disponible, Marc GENTILI, notre Trésorier, homme de chiffres mais aussi homme de lettre à la plume fine et quelquefois caustique qui sait avec élégance et humour viser nos adversaires et faire mouche à tous les coups, Patrick-Georges YAVORDIOS qui mène avec une grande efficacité ARRES, notre organisation de formation qui dans la France entière participe à l’amélioration de nos pratiques, nos anciens Présidents, Gérard CHAPUS, Jean-Marc DUMEIX, élu Président du Conseil national d’Anesthésie-Réanimation et Michel LEVY qui nous apportent leur expérience des luttes passées et des combats gagnés.
C’est grâce à nos fidèles et talentueux avocats du Cabinet Auber, Philip COHEN et Laure SOULIER que nous pouvons donner des conseils avisés et argumentés.
Toujours fidèle lui aussi, le Cabinet BRANCHET avec lequel nous avons un partenariat de longue date offre à nos adhérents l’environnement assurantiel sécurisant et protecteur qu’ils méritent.
Enfin, nous ne pouvons oublier les deux personnes qui assurent l’accueil, la logistique et l’efficacité de notre syndicat, notre secrétaire Marie-Chantal LEGROS toujours souriante et disponible et notre Déléguée générale Valérie-Anne HAUCHART sur laquelle repose la gestion administrative du SNARF.
Nous devons aborder avec confiance le grand chantier de reconstruction qui se présente à nous, pour cela nous aurons besoin d’être nombreux et unis, pour cela nous comptons sur vous. Adhérez, faites adhérer tous nos confrères, associés, jeunes et anciens. 
La réussite de nos actions dépendra de votre mobilisation.
 


Êtes-vous favorable à la signature du texte conventionnel proposé aux syndicats, véritable prolongement contractuel de la Loi Santé ?

Oui
Non
NSP

Voir le résultat

Installation
Cession
Demande de remplacement
Offre de remplacement
Divers

Copyright © 2011 SNARF | conception web : OGM Interactive