31-05-2010
Communiqué : Baisse sur le tarif de l’anesthésie de la cataracte
Le SNARF refuse le démantèlement des actes d’anesthésie et appelle à suspendre les anesthésies concernées
Le Syndicat national des anesthésistes-réanimateurs de France (SNARF) a pris connaissance des mesures unilatérales décidées par le gouvernement contre les anesthésistes-réanimateurs libéraux dans le cadre du nouveau plan d’économie annoncé vendredi.
Alors que le comité de suivi des dépenses de l’Assurance maladie avait estimé que le niveau, limité, de dépassement de l’ONDAM n’appelait pas la mise en œuvre de la procédure d’alerte, le gouvernement a décidé une mesure brutale de baisse des tarifs de l’anesthésie de la cataracte de 10 millions d’euros.
Le SNARF s’élève contre cette mesure de maîtrise comptable brutale et irréfléchie qui pose un problème de fond.
Le SNARF rappelle que les médecins anesthésistes réanimateurs participent, par leur présence, à la sécurité du geste de l’opération de la cataracte. Cette présence, qui est légitime, fait l’objet d’une cotation dont le niveau a été déterminé et validé par toutes les instances, sans être contesté, dans le cadre de la CCAM technique.
Si aujourd’hui le gouvernement estime pouvoir se passer de la sécurité apportée par les professionnels de l’anesthésie et de la réanimation, dont les conditions sont définies dans un décret de 1994, il devra en supporter clairement la responsabilité. Un médecin anesthésiste réanimateur n’est pas un extincteur que l’on actionne lorsque l’incendie se produit.
Le SNARF rappelle que les médecins anesthésistes réanimateurs assument pleinement la responsabilité de leurs gestes d’anesthésie et qu’ils réalisent pour cela des consultations préopératoires. Il n’est pas question de leur faire supporter des responsabilités qui ne seraient pas les leurs, dans le cas où la politique de restriction budgétaire décidée par le gouvernement ne leur donnerait pas les moyens de satisfaire à leurs obligations de sécurité.
D’autre part, le SNARF s’inquiète pour les patients, souvent parmi les plus âgés, qui sous cette pression budgétaire, seront privés des conditions de sécurité optimales et de la présence d’un médecin anesthésiste réanimateur au moment délicat de leur intervention chirurgicale. Le gouvernement a-t-il décidé délibérément de sacrifier la sécurité de la chirurgie de la cataracte pour les personnes âgées ?
Le SNARF exige un retour urgent à la raison du gouvernement sur ce dossier, faute de quoi, les médecins anesthésistes réanimateurs, privés de moyens suffisants, refuseront d’engager leur responsabilité.
Le SNARF appelle dès maintenant tous les médecins anesthésistes réanimateurs à se préparer à suspendre, pour une durée illimitée, leur activité d’anesthésie pour la chirurgie de la cataracte.
Le SNARF refuse le démantèlement des actes permettant la sécurité des patients en anesthésie.
Drs Michel Lévy et Christian-Michel Arnaud, Président et Secrétaire général du SNARF