21-01-2009
Actualités en bref - janvier 2009
Non le père Noël n'est pas passé pour les anesthésistes-réanimateurs...
Vous avez peut-être reçu un courrier de la CPAM vous informant sur votre "profil" qui sera visible sur internet. Vive la modernisation, ça fait un peu "facebook", sauf qu'il est indiqué sur ce document le tarif des consultations d'anesthésie : 44 euros !
Ne rêvez pas, il s'agit bien d'une erreur de communication de l'assurance-maladie. Ce tarif, qui correspond bien aux consultations en C2 applicables aux patients ASA3 et plus, ne doit pas s'appliquer à toutes les consultations d'anesthésie. Le seul texte de référence reste bien l'avenant n°6 à la convention médicale (arrêté du 28 juillet 2005 publié au journal offciel du 7 août 2005) que vous pouvez retrouver sur le site du SNARF dans la rubrique "référentiels".
www.snarf.org
Le dernier maillon n'est pas toujours le maillon faible
Des évènements dramatiques récents ont attiré l'attention des médias et du public sur les accidents médicaux. Notre première pensée va bien sûr d'abord vers les victimes et les familles de ces accidents. Cependant, on peut s'étonner de la sévérité des autorités judiciaires qui ont placé en garde à vue une infirmière qui n'avait rien dissimulé de son erreur. La suite de l'enquête a d'ailleurs démontré, comme c'est pratiquement toujours le cas, que c'est une suite de dysfonctionnements qui est à l'origine de l'accident.
Si on comprend l'émotion suscitée par cette suite d'accidents, il ne faut pas jeter l'opprobre sur l'ensemble des personnels soignants, mais plutôt mettre en place un système d'analyse permettant des actions préventives. Le SNARF l'a fait, en mettant en place la structure de gestion et de prévention du risque ARRES. Patrick-Georges Yavordios, son président délégué, démontre d'ailleurs très bien les mécanismes de dysfonctionnement conduisant à un accident lors des journées de formation ARRES (cf rubrique vidéos du site du SNARF www.snarf.org)
L'un de nos collègues, secrétaire national d'un grand parti politique, a proposé d'envoyer des enquêteurs dans les hôpitaux lorsque survient un accident. Vive la modernisation, maintenant on est dans "les experts" à l'hôpital ! Pourquoi pas, si c'est pour faire l'analyse systémique, mais si c'est pour trouver des boucs-émissaires c'est une mauvaise idée.
Enfin, pour être performant le recueil des déclarations dans notre pays mériterait d'être unifié : l'HAS est chargée de recueillir les évènements porteurs de risque, alors que l'Institut national de veille sanitaire devrait se charger des évènements indésirables graves : on a pensé au guichet unique pour l'emploi, mais pour les accidents médicaux on en est encore loin...
Négociations conventionnelles
Le ministère a donné le feu vert pour une poursuite des négociations conventionnelles jusqu'au 31 janvier. Des réunions bilatérales avec les syndicats représentatifs sont programmées avant une réunion plénière prévue la semaine prochaine. C'est au cours de cette négociation que le sort du secteur optionnel, auquel le SNARF est attaché, devrait être décidé. La création d'un secteur optionnel ouvert à tous les anesthésistes est la seule issue pour continuer à attirer des praticiens vers le secteur libéral, car comme on peut le voir en étudiant la démographie, beaucoup d'anesthésistes préfèrent désormais l'hôpital...
Ordre et démographie
Lors d'un débat organisé en septembre par le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM), son président, le Dr Legmann, a insisté sur la désaffection pour la pratique libérale. En 2007 on notait au tableau national de l'Ordre 4 fois plus de médecins salariés que de médecins libéraux. Notre spécialité n'échappe pas à cette évolution comme en témoigne le graphique en pièce jointe extrait de l'atlas 2008 de la démographie médicale publié par le CNOM.
Si pour pallier cette situation on compte sur les médecins étrangers, on se trompe ! En effet, dans une étude ciblée le CNOM arrive à cette conclusion : "une forte proportion de Roumains et de Bulgares exercent en médecins générale, psychiatris, pédiatrie et anesthésie, des spécialités en crise... mais ils travaillent essentiellement dans le secteur salarié, ce qui ne soulage guère le déficit du secteur libéral" (magazine de l'Ordre de médecins nov-décembre 2008).