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Le Parisien : Ces soignants libéraux d’Ile-de-France «attendent d’être payés depuis 3 mois»

publié le 19-06-2020

Mobilisés «en 72 heures» pendant la crise sanitaire, ces libéraux venus en renfort, à l’image de Jennifer, qui a coordonné l’ouverture du centre Covid-19 de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), ne décolèrent pas.

« Comparé aux hospitaliers qui ont leur salaire, les gardes et la prime pour l'effort Covid, les libéraux n'ont rien de tout ça, confirme le Dr Pierre Lanot, secrétaire général du syndicat des anesthésistes réanimateurs de France. Avec l'aide de l'ARS qui nous a bien soutenu, on a obtenu une compensation pour ceux qui ont participé à l'effort Covid. C'est très bien, c'est validé, mais après il faut le mettre en place et ça va être un peu long car en Ile-de-France, 60 à 70 établissements sont concernés. »

 

Par Cellule enquête

Le 18 juin 2020 à 20h05, modifié le 19 juin 2020 à 06h38

Mère célibataire de jumeaux d'un peu moins de 3 ans, Jennifer, infirmière libérale à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), n'a pas compté ses heures durant la crise sanitaire. « On s'est tous mobiliséssans savoir si on serait payé ou combien on serait défrayé », annonce-t-elle d'emblée.

Lorsque le centre de recours ambulatoire Covid-19 de Nogent (Val-de-Marne) s'est ouvert fin mars, dans un gymnase dédié jusque-là aux cours de danse, elle a réuni une douzaine d'infirmiers pour accompagner les médecins dans leur travail auprès des malades.

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«Beaucoup ont refusé, par peur du virus, se rappelle-t-elle. Mais en 72 heures, on était prêts. C'est incroyable que 3 mois plus tard, on n'ait toujours pas été payés d'un centime. Il y a pourtant un contrat. Je peux comprendre qu'il y ait un peu de retard. Mais moi, j'ai quand même dû payer sans attendre la nounou et la crèche. Et il n'a échappé à personne que faire ses courses en ce moment coûte plus cher qu'avant.»

Jennifer pensait d'ailleurs exclusivement gérer la coordination bénévolement. «Mais vu le travail que ça demandait, on a décidé de lui donner une partie de notre rémunération, avant que l'ARS ne régularise aussi sa situation et ne la compte avec nous», indique une autre soignante.

«On a mis parfois nos vies privées entre parenthèses pour aider»

Debout à 5h30 pour commencer sa tournée à 6h30, la quadragénaire enchaîne ses rendez-vous de libérale et la gestion des effectifs du centre, avec le planning quotidien, sans cesse chamboulé par les infirmiers, contraints aussi de poursuivre leur tournée auprès de leurs patients habituels.

Parfois elle remplace l'une de ses consœurs au pied levé et effectue une vacation en plus. «J'étais obligée de charger intégralement mon téléphone deux fois dans la journée pour qu'il tienne jusqu'à la fin, vers 23 heures», confie la quadragénaire dont l'un des confrères du centre a été touché par la maladie.

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Selon le contrat avec l'ARS, les infirmiers du centre Covid-19 de Nogent sont défrayés 270 euros pour une vacation de trois heures. «Pour certains, cela représente 8000 euros et ils en ont vraiment besoin », reprend Jennifer qui prétend pour sa part à une somme encore supérieure car elle a effectué plus d'une quarantaine de vacations.

« Il faut voir qu'à côté de ça, on a pris moins de personnes dans nos tournées de libéraux. On était aussi moins sollicités parce que les gens avaient peur de nous voir. On a mis parfois nos vies privées entre parenthèses pour aider. C'est franchement pas cool. » Même problème pour les médecins qui œuvrent dans ces centres.

«Les paiements s’accélèrent depuis juin» promet l’ARS

Une question de temps, réplique l'ARS. « Des conventions spécifiques ont été élaborées en urgence pour près de 200 centres ambulatoires Covid en Ile-de-France, dont 150 ont encore une consultation Covid ouverte, explique l'instance. La procédure de paiement de ces professionnels nécessite l'envoi de relevés d'activité par les centres et, actuellement, ces documents ne nous sont pas encore tous parvenus. »

« Toutefois, à ce jour, plus de la moitié des professionnels intervenants dans ces centres ont déjà été payés par l'ARS et, grâce à la mobilisation de l'ensemble des équipes, les paiements s'accélèrent depuis début juin », rassure l'instance. Le montant global de la facture ne sera pas évalué avant l'issue de la crise.

«Certains médecins n’ont aucun revenu depuis 2 mois»

Les soignants des centres Covid ne sont pas les seuls concernés. Dans les hôpitaux privés, certains médecins sont aussi amers. « On a bien conscience de passer pour des nantis mais certains d'entre nous sont en difficulté, souligne un réanimateur parisien. Leur activité habituelle a été stoppée net par la crise sanitaire et ils n'ont eu aucun revenu pendant deux mois. On a donné un coup de main en assurant des gardes de 12 heures en renfort et pour l'instant, on n'a rien touché. »

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« Comparé aux hospitaliers qui ont leur salaire, les gardes et la prime pour l'effort Covid, les libéraux n'ont rien de tout ça, confirme le Dr Pierre Lanot, secrétaire général du syndicat des anesthésistes réanimateurs de France. Avec l'aide de l'ARS qui nous a bien soutenu, on a obtenu une compensation pour ceux qui ont participé à l'effort Covid. C'est très bien, c'est validé, mais après il faut le mettre en place et ça va être un peu long car en Ile-de-France, 60 à 70 établissements sont concernés. »

« Tout le monde n'a pas été payé, mais je ne pense pas qu'il faut y voir une mauvaise volonté de la part de l'ARS, c'est un mécanisme assez complexe et inédit à mettre en place. Avant la mi-juillet, 100% des cas devraient être réglés, et nous restons attentifs à la situation », rassure également Alexandre Grenier , directeur de l'URPS, union régionale des professionnels de santé, médecins libéraux d'Ile-de-France.

   
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